Les Carnets d'Aurore

Avis subjectifs et opinions diverses

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le 23 juillet 2007

Brève opinion Bouquin : Le dernier tour de magie de Mrs Rowling

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I am deeply, madly, totally "potterised" for the moment... I'm lost in the thrilling and English-speaking world of Harry Potter and that is the only reason why I'm beggining this article in English...

Pour ceux d'entre vous qui de ma phrase n'ont compris que les mots "Harry" et "Potter", vous avez compris l'essentiel. Je suis tellement obnubilée par ma lecture qu'écrire en français me fait bizarre. Ne rigolez pas, c'est une expérience très étrange que de se retrouver à penser à moitié en français à moitié en anglais tout ça parce que je fais attention à la moindre petite phrase de ce bouquin, allant même jusqu'à sortir mon dico plus fréquemment que pour mes autres lectures en anglais tellement j'ai peur de comprendre de travers un passage super important.

C'est ce que j'appelle l'effet Harry Potter. j'ai acheté le bouquin le jour de sa sortie, non par fanatisme mais parce que j'en ai eu l'occasion tout simplement. J'étais en train de lire un Robin Hobb donc je pouvais largement patienter... finalement ce sont les Aventuriers de la mer qui attendent... D'un autre côté, il me reste encore trois tomes à dévorer pour les Adlm... alors que mister Potter, c'est son dernier petit tour de magie... Et puis, on a beau dire, et j'ai beau même être à peu près d'accord sur certaines critiques qui lui sont faite, les HP, on ne les lâche plus une fois qu'on a commencé... et comme je devais patienter une vingtaine de minutes à un arrêt de tramway, j'ai commencé. Du week-end, je ne l'ai pas ouvert, puisque j'étais chez une amie, ç'eut été très impoli (je me suis juste accordé la fin du premier chapitre...) et puis, depuis hier soir, je ne le lâche plus. Si bien que je viens de dépasser la moitié de la chose.

Et je m'arrête au milieu de l'action parce que je veux absolument le savourer et non le dévorer en trois jours ( ce qui risque somme toute de finalement arriver... une soirée et une après-midi de lecture et me voilà à plus de la moitié, à ce rythme, mercredi plus rien n'en reste). Ne compter pas sur moi pour vous dire ce qu'il s'y passe, qui meurt, qui survit, où sont les Horcruxes et compagnie... Je ne dirais pas un mot.

D'ailleurs, j'évite internet depuis que le livre est sorti. Enfin j'évite les zones dangereuses d'internet depuis qu'il est sorti. Le newsgroup de Lynn Flewelling par exemple : ils sont gentils, ils ont précisé "SPOILER HP 7". J'ai vite fait demi-tour. J'y regarde à deux fois avant de parcourir les blogs de certains amis, les forums sur lesquels je surfe de temps à autres etc... Je refuse absolument de me gâcher le plaisir de découvrir par moi-même ce qui arrive. j'ai même réussi l'exploit de ne pas aller lire la dernière phrase du bouquin - chose que je fais souvent à un moment ou l'autre de ma lecture.

Mes impressions ? Pour le moment, je passe un moment exquis. L'effet HP fonctionne aussi avec le 7ème and last tome.  Mais, je ne vais pas encensé Mrs Rowling, pas plus que je ne vais la critiqué à tout-va. Cependant, peut-être est-ce dû au fait que j'ai un peu grandi depuis que j'ai commencé à suivre les aventures du bonhomme (pour rappel car je l'ai déjà dit, j'avais à peu près 12 ans et HP commençait à peine à être connu quand j'ai commencé, et c'est un "Je bouquine", bless it, qui me l'a mis entre les mains) mais je repère à présent quelques failles là où je n'en voyais pas avant. Faille non pas dans le récit mais dans des éléments du récit. Des choses qui me font tiqué par moment, qui me font dire "c'est trop facile ça comme explication"... un peu trop de "Deux ex Magica" ai-je envie de dire... ça reste dans le domaine du très crédible hein, et on y croit fortement, mais je les repère. Contradiction : ce genre de petites choses me rappelle qu'HP est écrit pour un public assez jeune tandis que certaines scènes, certaines atmosphères, font que je me demande comment les plus jeunes lecteurs d'HP le prennent... Non pas qu'il ne faille pas parler de mort et de torture à un gosse de 8 ans. Je me demande juste comment ils le perçoivent. A huit ans je lisais le club des cinq... Et certainement d'autres bouquins en tout genre avec une prédilection pour les contes de fée et les j'aime lire... est-ce qu'on lit HP à 8 ans ?

Bref, je ne me rappelle plus très bien le but initial de cet article, si tant est qu'il y en ait jamais eu un. Lorsque j'aurais fini le livre, peut-être vous donnerai-je une plus longue opinion à son sujet... Et si vous vous êtes mis à Lynn Flewelling ( faites-le, je n'arrête pas de le répéter... après tout j'ai bien réussi à convertir Nat à Hobb alors pourquoi pas vous à Flewelling, hein ?) je vous dirai peut-être en quoi il y a un passage dans HP7 qui rappelera beaucoup aux lecteurs de Luck in the Shadows...( Remember Seregil and what the piece of wood he was wearing around his neck did physically (and somehow even mentally) to him ? Well, go and read HP7, you cannot miss the echo and i can't wait to see if someone on Lynn's group had noted it...)

Heureusement que la télé est là pour me sortir de ce bouquin... Ce soir F2 diffuse "Alexandre", ça fera un dérivatif correct... un patch anti-potterine qui dure 2h48. Le plus dure sera de résister à la tentation avant de s'endormir...

Quant au film sorti tout récemment je ne l'ai pas encore vu et j'ai très peur de le voir... Les films depuis le début sont à mes yeux un vrai jeu de massacre. D'abord parce qu'ils confortent les plus jeunes et réticents à la lecture dans leur réticence : à quoi bon lire le bouquin, j'ai vu le film. Ensuite et surtout parce que niveau adaptation c'est raté : les acteurs jouent mal (oui, désolée, Daniel Radcliffe n'est pas crédible... j'ai beau essayé de me dire que c'est à cause d'un doublage assez pourri, même en VO j'y crois pas, ce n'est pas mon Harry... d'autant qu'il n'a pas les yeux verts mais bleus et ça ça ne me va absolument pas ) le scénario nous vole toutes les subtilités du bouquin ( le troisième volet m'a tué : 2 malheureuses minutes dans la cabane hurlante... et encore !) et pire que tout, les films font passer les bouquins pour ce qu'il ne sont pas : l'ambiance n'y est pas la même, les personnages sont bien moins attachants ( et notamment les personnages secondaires...), le tout bien moins crédibles, bien moins prenant... Autant l'adaptation du Seigneur des anneaux m'a prise aux trippes autant celle d'HP me fait mal au ventre... (Et en plus - et là je cherche vraiment à me faire incendier par les fanas du film - Daniel Radcliffe il est même pas beau d'abord... non pas qu'Harry soit jamais décrit comme un tombeur...)

Bref, je vais clore là-dessus, en queue de poisson, my fishy article,  and I hope you'll enjoy your reading once you'll read the book and think about me when you'll reach the page 317, that's  where I stopped bluntly to write this quick note.

le 06 juillet 2007

Envie de lecture en juillet ?

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Pour ceux d'entre vous que je n'ai toujours pas réussi à convaincre ou pour ceux que j'ai convaincu mais qui sont allergiques aux VO, réjouissez-vous : Luck in the Shadows sera traduit et publié en Français pour janvier 2008.

C'est pas beau ça ? Vous allez enfin pouvoir découvrir les fabuleuses aventures de Seregil et d'Alec à Skala, Rhiminee, contre les Plenimariens, les histoires de magiciens, de voleurs et compagnie, bref de la fantasy dans la veine classique du genre mais c'est fou ce qu'on aime ça, n'est-ce pas ? Allez, faites-moi plaisir, dites-moi que vous allez vous y mettre hein ?

Ok, ok, j'arrête d'insister.

Si vous chercher quelque chose avec un peu plus d'image, mettez-vous à Monster de Naoki URASAWA aux éditions kana pour la VF. Assurez-vous quand même de pouvoir lire la suite très vite parce que c'est très prenant. Dans le même genre "une fois qu'on a commencé on ne lâche plus" vous avez Death Note...

La fantasy et les mangas c'est pas votre truc ? Pas de problème, j'ai ce qu'il faut aussi dans ma bibliothèque. Un peu de poésie et d'exotisme ? Neige de Maxence Fermine. Je l'ai relu il n'y a pas longtemps... et c'est toujours aussi magique. C'est très court... sur une après-midi, c'est fini...
Vous préférez l'aventure, les romans historiques, les fresques épiques, les histoires de vengeance sur fond d'histoire de France ? J'ai deux choses à vous proposer :
- petit a : DUMAS. Le comte de Monte-Cristo se digère très très très bien, malgré ses je ne sais plus combien de pages ( j'ai une édition en trois tomes, très jolie d'ailleurs). Et je vais commencer Joseph Basalmo sous peu.
- petit b : s'il vous faut des images, la BD les sept vie de l'épervier  et les autres qui gravitent autour (le fou du roy, plume au vent, etc...) c'est très très sympathique aussi.

Vous préférez les thrillers ? Les bons gros bouquins qui vous captivent dès les premières pages ? Donna Tart. Trois phrases et vous êtes foutus, piégés, prisonnier du récit. et toc ! Enfin, vous êtes prévenus...

Ah vous êtes plutôt histoire à l'eau de rose ? Les histoires d'amour et compagnie... oui oui... je vois... allez au cinéma, ça sera moins chiant. oups ! pardon... non, je n'ai rien contre les histoires d'amour bien sûr ! Je lis Marc Levy, n'oubliez pas...  Je préfère les histoires un peu torturés... Respire, Anne-Sophie Brasme. c'est torturé...et ça finit... chut je ne dis rien...

Et si enfin, vous avez, vous, des titres à me conseiller ( oui, là je termine le tome 6 des Aventuriers de la mer de Hobb, j'enchaîne sur un Levy-Strauss et j'ai aussi prévu de lire Dune de Franck Herbert pour voir mais bon, toutes les idées je prends !) laissez moi un grain de sel !

le 17 juin 2007

Cyrano de Bergerac ou comment être amoureuse d'une pièce de théâtre.

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vous savez, j'ai honte. Je ne vous ai jamais parler de Cyrano de Bergerac, la pièce d'Edmond Rostand... Ou alors, juste en passant... Alors que c'est ce qu'on appelle une merveille du théâtre classique, tant et tant de fois jouer qu'on se demande encore aujourd'hui comment innover avec ce texte. La version qu'a diffusé F2 vendredi soir m'a ému presque aux larmes. Certes, j'étais fatiguée, ça joue peut-être. Mais c'était jouer avec une grande classe, une finesse, une vision des personnages qui m'a donné des frissons comme seul le théâtre sait le faire. Non, je ne pleure pas au cinéma (ou rarement), mais je pleure en lisant et je pleure au théâtre...

Et Cyrano, c'est un chef d'oeuvre que je défendrais bec et ongle quoiqu'il arrive tant il n'y a rien à enlever à cette pièce (ok, le passage où Cyrano retient De Guiche avec son histoire d'homme tombé de la lune est un peu chiant par rapport au reste mais ça mis à part, tout est magnifique)

Pour les incultes( que j'espère peu nombreux) Cyrano c'est une histoire d'amour tragique. Un triangle terriblement douloureux : Roxane, Christian et Cyrano. Christian a la beauté mais est un sot et ne sait pas parler d'amour, Cyrano a l'esprit et l'éloquence mais est défiguré par son "grand" nez et tous deux aiment Roxane, cousine de Cyrano.
"Il me faudrait de l'éloquence" dit Christian; "Je t'en prête ! Toi, du charme physique et vainqueur, prête-m'en : Et faisons à nous deux un héros de roman!" Répond Cyrano. Et voilà comment Roxane va se laisser séduire par les mots de Cyrano sortant de la bouche de Christian.

Et c'est là que Cyrano devient un héros tragique : il est celui de l'ombre, qui aime en secret... qui croit que jamais on ne l'aimera... Et qui finalement est aimé à travers Christian et même au-delà de lui. "Même laid" dit Roxane à la fin, même laid elle aimerait Christian...autrement dit, c'est Cyrano qu'elle aime...

Pourtant, Cyrano se taira, jusqu'à la scène finale où quelques phrases suffisent pour résumer le côté tragique de la pièce :"(Roxane) Ah que de choses qui sont mortes... qui sont nées !/ Pourquoi vous être tu pendant quatorze années,/ Puisque sur cette lettre où, lui, n'était pour rien,/ Ces pleurs étaient de vous...(Cyrano) Ce sang était le sien."

(Et là, imaginez un énorme soupir devant mon clavier... quel texte, mais quel texte !)

La psychologie des trois personnages principaux mériterait un développement chacun tant j'ai à dire ! Sans développer, tous trois sont, selon ma vision de la pièce, à la fois victime et bourreau de leur amour. Tous trois sont des héros grandioses, dans leur forces et leurs faiblesses, même Christian qu'on dénigre parfois et qui pourtant mérite vraiment qu'on s'intéresse à lui. Car il est aussi tragique que Cyrano ! S'il a eu l'amour de Roxane, il l'a eu par imposture, mais il aimait vraiment Roxane de tout son coeur ! Et je suis même persuadée que, si on creuse un peu, on pourrait même dire que Christian a de la compassion pour Cyrano une fois qu'il a compris combien il aimait Roxane. C'est une interprétation personnelle, j'admet, mais elle fait sens : la scène sous le balcon de Roxane, quand Cyrano prend finalement la place de Christian, c'est là où il commence à comprendre, où il comprend, les tourments par lesquels passent son prête-mot. L'émotion trop palpable de Cyrano est trop vraie pour n'être qu'un jeu de poète. Et il comprend d'avantage avec la larme sur la lettre... J'ai pitié pour Christian moi, de même que pour Cyrano et Roxane... Les trois m'attristent, les trois sont grands, tragiques, magnifiques, même si Cyrano est superbe, sur le devant de la scène, enveloppé du panache de ses mots et de la noblesse de ses actes...

Cyrano c'est aussi les très célèbres tirades : celle des nez, le "à la fin de l'envoi je touche", les "non merci",ces passages magistraux sous le balcons de Roxane... bref, c'est drôle, c'est tendre, c'est terriblement émouvant, c'est beau, c'est écrit dans une langue magnifique et lorsque c'est interprété comme ce le fut vendredi soir ou encore comme ça l'est dans le film avec Depardieu dans le rôle-titre ( j'ai préféré la version de vendredi soir malgré tout, l'interprétation de Cyrano correspondait plus à mon idée du personnage simplement) c'est juste magique...

Lisez cette pièce, je vous en prie, lisez-la, ça ne sera que tout bénéf pour vous ! Ne passez pas à côté de ce monument, de ce chef d'oeuvre, de ces vers merveilleux qui résonnent à vos oreilles des jours entiers, qu'on n'oublie jamais, qu'on ne peut pas oublier tant ils sont beaux.

Juste pour le plaisir, un des passages qui m'émeut le plus, c'est à la fin, vous êtes prévenus, ne lisez pas si vous n'avez pas lu :

"Roxane :

Comment pouvez-vous lire à présent? il fait nuit.(je passe les didascalies)
Et pendant quatorze ans, il a joué ce rôle
D'être le vieil ami qui vient pour être drôle !

Cyrano :

Roxane !

Roxane :

C'était vous.

Cyrano :

             non, non, Roxane, non !

Roxane :

J'aurais dû deviner quand il disait mon nom !

Cyrano :

Non ! ce n'était pas moi !

Roxane :

C'était vous !

Cyrano :

Je vous jure...

Roxane :

J'aperçois, toute la généreuse imposture :
Les lettres, c'était vous...

Cyrano :

Non !

Roxane :

Les mots chers et fous,
C'était vous...

Cyrano :

non !

Roxane :

La voix dans la nuit, c'était vous !

Cyrano :

Je vous jure que non !

Roxane :

L'âme c'était la vôtre !

Cyrano :

Je ne vous aimais pas.

Roxane :

Vous m'aimiez !

Cyrano :

C'était l'autre !

Roxane :

Vous m'aimiez !

Cyrano :

Non !

Roxane :

Déjà, vous le dites plus bas !

Cyrano :

Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas !"

le 21 avril 2007

Brève opinion bouquin : Anne Rice, la sombre attraction d'un mystérieux romantisme

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( Et ben, je me suis creusée la tête pour titrer cet article !)

Anne Rice est un nom qui dira quelque chose aux fans d'un certain genre en matière de littérature. C'est un nom qui dira aussi quelques chose à qui retient les noms de scénaristes des films qu'ils ont vu. Si je vous dis Tom Cruise et Brad Pitt dans le même film de Neil Jordan ? non ? Si je vous dis Louis, Lestat, Claudia ? Là, les connaisseurs auront reconnu.

il s'agit de Entretien avec un vampire. Je n'ai absolument pas vu le film mais je suis plongée dans le bouquin qui l'inspire depuis cet après-midi.
Et ce qui me frappe et me fait dire que c'est un bouquin prenant, ce sont les airs baroques de son écriture, baroque et d'un sombre romantisme (dans le sens littéraire du terme). L'histoire est celle de Louis, qui raconte à un journaliste (semble-t-il) comment il est devenu vampire.
On est loin des livres dit de "terreur". Non, on est dans un univers sombre fascinant, "sensuel" ai-je lu quelque part à propos du film, oui, c'est assez valable pour le roman. Louis, racontant son histoire, raconte la manière dont il perçoit le monde avec ses yeux de vampire, ses sens exacerbés lui ont appris à respecter la "vie" qu'il perçoit comme nul autre ne le peut. Il n'y a pas de "terreur", juste des meurtres un peu spéciaux et une manière de concevoir la mort particulière. Ce qui fait que, encore une fois, je ne comprend pas les éditeurs, ni le mot "terreur" sur la couverture du bouquin. Ce genre d'étiquette fait fuir des lecteurs pointilleux, les lecteurs précieux aussi, qui tiennent à leur images de marque de lecteur et préfèrent s'afficher avec un Nothomb ( je n'ai rien du tout contre Nothomb, au contraire, ce que j'en ai lu m'a plu.)

Anne Rice a crée un genre à elle seule. On ne peut pas dire d'entretien... que c'est de la fantasy, ça n'en est pas. On ne peut pas dire vraiment que c'est du fantastique, au sens premier du terme. C'est à la croisée des chemins. Ce livre est marqué, dans son style du sceau du romantisme, du souci du détail, des tourments intérieurs d'un vampire qui a des sentiments, des vrais. C'est une atmosphère prenante, subtile, dû au fait que la plupart des scènes se passent de nuit, que ce sont des souvenirs racontés par le vampire.

Anne Rice a écrit toute une série de livre suite à celui-là, les chroniques des vampires. Lestat le vampire, la reine des damnés, le voleur de corps et de nombreux autres à ce jour reprennent cet univers, cette toile de fond.

C'est une lecture passionnante. C'est la fantasy qui m'a conduite au nom d'Anne Rice et à un genre que je ne fréquente d'ordinaire pas. Entretien avec un vampire c'est une esthétique. Je ne saurai que trop le conseiller à quiconque veut s'échapper de la réalité pour un monde mystérieusement attirant le temps d'une lecture.

Anne Rice, Entretien avec un Vampire, disponible chez pocket dans leur collection "terreur" donc.

 

Anne Rice a son site web : http://www.annerice.com/ ne vous effrayez pas de l'ave maria !

Pour ses livres dans l'ordre chronologique, je vous met le lien direct : http://www.annerice.com/bs_AllNovels.htm 

Bien sûr, tout en anglais...

le 18 janvier 2007

Brève opinion : L'ombre de Kadaré ou comment se "détendre" en sortant de partiel.

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J'ai fini hier. hier à 12h30 précise. ( pile dans l'horaire imparti et toc !) Alors je n'en reparle pas d'ici les résultats !
Je vais d'ailleurs radicalement changer de sujet et vous parler d'Ismail Kadaré et de son bouquin l'Ombre. ( bon ok, je devais le lire également pour un séminaire d'ouverture mais ça c'est un exercice sympa alors...)
C'est le premier roman de Kadaré que je lis et j'avoue avoir été assez intriguée tant par le style que par le message pour avoir envie d'en lire un second. Kadaré est un écrivain Albanais, le plus grand écrivain Albanais selon certains, très prolifique puisqu'il a à son actif une sacrée bibliographie, et la plupart de ses romans dépeignent une identité Albanaise, dénonce, par des moyens subtils, pas toujours visibles, la dictature qui y règne au vingtième siècle. l'Ombre évoque surtout les rapports avec l'occident, avec la France notamment, tourne autour du thème de l'impossible frontière, de l'infranchissable, du contre-nature dans cette relation entre ce que Kadaré estime être le monde des morts, l'Albanie, et le monde des vivants.
Outre ces considérations de fond, ce qui m'a surtout frappé dans ce roman, ce sont ses accents Kafkaïens, cette espèce de sensation d'entrer dans un monde déformé, presque palpable tant il est lourd, où le délire voisine les accents bibliques et les tonnes de culpabilité. Dit comme ça, ça fait fuir. Mais non, ne partez pas. Attendez un peu.
Les deux seuls ouvrages de Kafka que j'ai lu, à savoir Le procès et La métamorphose m'ont tout deux laissé ce même genre de sensations : celle d'étouffer au cours de la lecture, celle de ne pas vraiment apprécié l'ouvrage, d'être mal à l'aise même tant l'ambiance y est lourde et compacte. Et pourtant, après lecture, après réflexion, bref, dans cette période de post-lecture où l'esprit se met à bourdonner autour de ce qu'il vient d'ingurgiter, ces deux bouquins me plaisaient. Pas vraiment l'histoire qu'ils cherchent à raconter mais le sens caché de cette histoire, les symboles glissés, la réflexion implicite. Ceux qui ont passé le bac L en 2005 ( bon sang, ça me parait si loin maintenant !) se souviennent encore surement du Procès de Kafka et des multiples interprétations, multiples idées, multiples thématiques développées. Il y a de quoi faire tourner les méninges.
En sortant de l'Ombre, j'ai cette même impression, nuancée cependant. L'excellent style de Kadaré pour aussi complexe qu'il soit, ne crée pas la même lourdeur, la même chape de plomb que le font les romans de Kafka. C'est une autre lourdeur, une autre chape de plomb, un autre délire. C'est la lourdeur de l'Albanie, c'est la chape de plomb d'une dictature, ce sont les délires d'un cinéaste raté ( le narrateur) qui s'angoisse à cause du parti, à cause de la surveillance, à cause de cette sensation terrible d'être gelé en Albanie et incapable de se réchauffer en France. Le poids d'être l'étranger, d'être de là-bas...

Comme en sortant des romans de Kafka, je sors du roman de Kadaré avec une petite tempête dans le cerveau. Je ne suis pas bouleversée, je ne suis pas déçue par la fin, pas non plus vraiment décontenancée par l'absurdité ambiante ( c'est un canon que l'on accepte en acceptant d'entrer dans le bouquin), je dirais presque intriguée, pensive. Je crois qu'il vaut la peine d'en lire d'avantage, sans en devenir boulimique. L'ambiance lourde de ce genre d'ouvrage, dont j'admire l'immense qualité littéraire, joue quand même sur le moral : parce qu'elle nous pousse à des interrogations sur notre monde sur lequel nous fermons tant les yeux...

le 21 décembre 2006

Brève opinion, un peu d'histoire : Le Proche-Orient, ça parle à quelqu'un ?

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Je ne résiste pas à l'envie d'écrire un "petit" article sur le sujet. Si l'on suit un tant soit peu, ne serait-ce que de loin, les actualités, on sait tous qu'il y a au Proche-Orient un conflit qu'on a coutume de qualifier d'Israélo-Palestinien. Seulement, c'est en général tout ce qu'on en sait. Parce qu'il est vrai que ce conflit qui dure depuis _ si on veut se borner au 20ème siècle _ 1917 et la fameuse déclaration Balfour ( nota : la déclaration Balfour est une déclaration Anglaise qui "instaure" un foyer national juif en palestine), ce conflit donc, est compliqué, et pas qu'un peu.

J'ai terminé il y a peu un livre qui s'intitule " Le Rêve Brisé", par Charles Enderlin, qui revient sur l'échec du processus de paix dans la région de 1995 ( mort de Rabin) à 2002 ( arrivée au pouvoir de Sharon). Et j'ai tout simplement trouvé ce bouquin passionnant. Certes, si je l'ai lu en quatre jours c'est d'abord parce qu'il faut absolument que je rende vendredi une fiche de lecture sur ce livre. Mais surtout ce livre est clair, précis, minutieux, efficace. Il plonge le lecteur au coeur des négociations.

Et c'est là qu'on comprend que la tâche n'était pas seulement ardue, mais monstrueusement ardue. Pas improbable, mais presque impossible (pour plagier les mots qu'avait R. Aron pour un tout autre conflit.)
Difficile d'abord parce qu'il s'agissait de concilier deux points de vue différents, des cultures, des symboles : le mont du temple / Harâm al Charif, par exemple. C'est ce qu'on appelle aussi l'esplanade des mosquées à Jérusalem, qui est sacré pour les Palestiniens, mais aussi pour les juifs. Des journées entières de discussions ont eu lieu pour savoir qui de l'un ou de l'autre en aurait la souverainté. Or les concessions à ce sujet, pour des raisons de croyances, de symboles, de cultures et de valeurs fondamentales, sont impensables pour les Israéliens comme pour les Palestiniens.
Les hommes ensuite, posent aussi un problème : Arafat d'un côté qui, à Camp David (2000), se sent pieds et poings liés, menacé. Pérès, Netanyahu, Barak de l'autre ( dans cet ordre) se succèdent et accumulent incompréhension, erreurs de jugements, mais aussi concessions _ Jamais aucun premier ministre Israéliens n'aura fait autant de concessions que Barak à ce moment là_ qui génèrent, au sein de la population Israélienne même, des tensions et d'autres incompréhensions. 

Parce que le conflit n'est pas aussi simple que les pions rouges contre les pions noirs, non. S'y ajoute des débats et mésententes à l'intérieur de chaque parti : Gauche contre droite Israélienne; l'OLP contre le terrorisme côté palestinien... Des partisans de la paix comme des partisans du conflit de chaque côté en somme.

Et puis il y a d'incontournables point de frictions sur lesquels les deux parties ne parviennent pas à s'entendre : Jérusalem, les frontières du futur Etat Palestinien, la question des réfugiés palestinien, la question de la sécurité pour Israël... toutes ses questions autour desquelles vont tourner les rencontres autour des tables de négociations, sans qu'aucun accord ne parviennent à être signé définitivement. Car si les discussions apportent d'énormes avancées, on ne parvient pas à se mettre d'accord.

Passionnant vraiment, ce bouquin, tout est construit autour de témoignage des acteurs des négociations : Shlomo Ben Ami côté Israëlien, Saëb Erekat côté Palestinien, les membres du "peace team" américain comme Ross... Un vrai travail de fourmi que ces recoupages de témoignage pour parvenir à reconstituer Camp David, chapitre central de l'ouvrage...

Ce livre éclaire bien des choses quant au processus de paix, quant à l'histoire de ce conflit séculaire qui n'en finit pas. Je le conseille vivement, il pousse à se poser les bonnes questions, pousse à retourner en arrière aussi ( qu'est-ce que la résolution 194, la résolution 242, par exemple. Pour info, la première concerne les réfugiés palestiniens, elle autorise leur retour dans la région ( daté de 1948) la résolution 242 est celle qui met fin au conflit de 1967, elle ordonne le départ d'Israël des territoires occupés mais est controversé quant à savoir s'il s'agit de tous les territoires ou non).

On n'en sait pas assez sur ce conflit. On le comprend trop mal et on se contente bien souvent d'ingurgiter ce que les JT de 20 h nous en disent sans forcément comprendre qui est qui, ni le pourquoi du comment. j'ai souvent entendu mes parents dire à propos d'image d'attentats au proche-orient que ça ne s'arrêtera jamais. Comprendre pourquoi la violence continue dans cette région du globe est il me semble essentiel. Elle est bien plus complexe que ce que laisse suggérer les apparences. Et surtout, comprendre pourquoi permet d'espérer qu'on y trouve un jour une solution. Parce qu'il y a des solutions : après camp david, un document américain a été rédigé à Taba, qui pouvait être à la base de nouvelles négociations et peut-être d'un accord. Lisez Charles Enderlin. Lisez ce bouquin, et celui qu'il a rédigé avant qui couvre la période 17-97. Ce livre est une vraie clé.
Je ne vous promets rien, mais quand j'aurais terminé de reprendre mon cours sur ce sujet, j'écrirai probablement un article, en espérant renseigner quelques uns d'entre vous qui s'interroge sur ce coin du monde.

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